Phnom Penh, au-delà de l’escale
La plupart des voyageurs n’accordent qu’une nuit à la capitale. Donnez-lui-en deux et elle devient la ville la plus intéressante du pays.
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Phnom Penh se tient au confluent du Mékong, du Bassac et du Tonlé Sap — c’est la raison même de son existence. Bruyante, rapide, chaude, et bien plus élégante que sa réputation : villas coloniales françaises, palais royal doré, promenades au bord de l’eau et une scène culinaire devenue, sans bruit, la meilleure du pays.
Les deux matinées qui comptent
Consacrez une matinée au Palais royal et à la Pagode d’argent, puis au Musée national juste à côté, qui abrite la plus belle statuaire khmère au monde et explique tout ce que vous verrez à Angkor. Allez-y à l’ouverture : les deux se visitent en partie à l’air libre et deviennent éprouvants dès onze heures.
Consacrez l’autre à Tuol Sleng et Choeung Ek. Ce ne sont pas des « visites » et il ne faut pas les traiter comme telles : prenez l’audioguide, comptez une demi-journée, et ne prévoyez rien d’exigeant ensuite. Comprendre ce qui s’est passé ici entre 1975 et 1979 n’est pas un contexte facultatif dans un pays où presque tous les plus de cinquante ans l’ont vécu.
Où poser ses valises
Le bord de fleuve (Sisowath Quay) vous met à côté du palais et de la promenade, au prix du bruit. Daun Penh, une rue derrière, garde l’emplacement et perd les basses. BKK1 est le quartier arboré des ambassades : plus calme, meilleurs restaurants, dix minutes de tuk-tuk de tout. Toul Tom Poung, dit le Marché russe, concentre les cafés indépendants, les tailleurs et les boutiques de design — c’est là qu’un séjour long prend tout son sens.
Manger
Commencez par un petit-déjeuner de kuy teav, la soupe de nouilles au bouillon de porc que les Cambodgiens avalent avant sept heures. Enchaînez avec les restaurants khmers de BKK1 et les grillades de rue de Toul Tom Poung. La capitale possède aussi la seule vraie scène internationale du pays, largement due à sa diaspora et à sa population d’ONG : on peut déjeuner d’une superbe cuisine khmère et dîner d’un excellent japonais ou français sans changer de quartier.
Le fleuve à dix-huit heures
La meilleure chose gratuite de la ville. Quand la chaleur tombe, tout le quai se remplit de familles, de cours d’aérobic, de carrioles et de vendeurs de cerfs-volants. Une heure de bateau au coucher du soleil jusqu’au confluent coûte quelques dollars par personne et vous donne d’un seul coup la ligne d’horizon, les toits du palais et la rencontre des deux fleuves.
Une demi-journée hors les murs
Koh Dach, l’île de la soie, est à trente minutes au nord en tuk-tuk et bac : villages de tisserands, plages de bancs de sable en saison sèche, et un Cambodge rural qui commence déraisonnablement près d’une ville de deux millions d’habitants.
Questions fréquentes
Phnom Penh est-elle sûre la nuit ?
Globalement oui, avec la prudence habituelle en ville. L’arrachage de sac depuis une moto est le seul vrai risque : portez votre sac côté trottoir, ou pas du tout.
Comment rejoindre Siem Reap ?
Un vol de 45 minutes, six heures de bus de jour sur une bonne route, ou un bateau plus lent mais spectaculaire en hautes eaux. Le bus de jour offre le meilleur rapport qualité-prix.
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